Le Stupéfiant - 2002 (inédit, en recherche d'éditeur)
Roman d'éducation de la fin du siècle dernier. Collusion naturaliste, sur fond historique, entre délinquance en col blanc, toxicomanie et velléité littéraire. Epidémiologie de la corruption
et tentative de situer la coagulation du Mal. Histoire d'amour et d'aliénation, où, sous couvert de romantisme moderne, le désir est continûment empoisonné par le postillon des idéologies
d'emprunt, et se fixe de façon compulsive sur tout objet qui offre, fallacieusement, l'impossible fuite hors de soi. Quête identitaire mégalomaniaque dont le dénouement catastrophique, en
consacrant la divine Imperfection, ouvre sur notre monde actuel. L'ancien monde, parfois mythifié sous l'idiotisme « Années Mitterrand » est radiographié en 225 pages, dans une
langue qui, outrancièrement, nie sa propre mort. Le stupéfiant c'est que ce monde ait tenu jusqu'à l'insensible transition.
Extrait
Tota Gratia - 2003-2008 (en cours d'écriture)
Potens est autem Deus efficere, ut TOTA GRATIA in vos exuberet: ut in omnibus omnem sufficientiam habentes, exuberetis in omne opus bonum.
2 Corinthiens, chapitre 9, verset 8
Roman d'anticipation sociale.
Trois jeunes adultes français d’origine malgache fondent, dans la région parisienne, un mouvement d’évangélisation, dont la « charte » consiste à diffuser une lecture quasi-littérale
des Evangiles, en insistant sur l’amour du prochain quel qu’il soit, au mépris des contraintes économiques, sociales ou juridiques.
Ayant échoué dans leur tentative de réforme interne de leur paroisse, le mouvement rompt volontairement avec sa structure d’extraction : la congrégation baptiste de
France.
Le sens et le devenir du mouvement, rapidement accusé d’être une secte, (le détachement volontaire de tout bien matériel étant l'un des scandaleux choix de vie prônés en son sein ) ne se décideront qu’au fil du récit, par l’interaction des personnages. On l'aura compris, ce roman est né de la question de savoir ce qu’il en serait d’une réformation de la Réforme, informée des expériences passées et de l’état actuel des sciences bibliques et profanes, et menée par des leaders charismatiques mais cruellement, désespérément humains.
"Et au total, non plus désormais quelque livre aveuglément confirmé deux ans après par un autre, mais une vie où, l'écrit n'étant plus dans sa profondeur même de polysémies et d'images
qu'un brouillon qui s'effacerait à mesure, ce qui se ferait peu à peu, et parlerait comme tel, c'est une présence à soi, un destin : la finitude qui se fait claire et veille ainsi sur le sens.
Non, ce livre que je termine n'est rien, et précisément parce qu'il est tout. Monde que saisit mon regard à cet instant de la marche, c'est aussi bien le pas qu'on laisse derrière soi, la halte
qu peut redevenir avancée par une décision qui vient en nous d'autre chose qu'elle, - la voie, dès lors, vers cet invisible en avant, qui est le lieu."
Yves
BONNEFOY, Le Nuage rouge : essais sur la poétique. - Mercure de France, 1977
"Peut-être faut-il ainsi affirmer que la vraie littérature est celle-là seule que nous pouvons raconter aux morts, sans les juger ni les condamner, sans mépriser
ni même blâmer leurs échecs et leurs fautes, histoire sans fin que les morts peuvent écouter, tout comme le chef-d'oeuvre de peinture est la toile du maître qui ne ferait pas désespérer un
prisonnier condamné à la contempler, enfermé à vie entre les murs sales d'une cellule."
Juan ASENSIO, La Littérature à contre
nuit - A Contrario, 2005 - Réédition Sulliver, 2007